OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Washington chinoise sur le cyberespace http://owni.fr/2012/10/11/huawei-zte-nsa-cisco-intelligence-renseignement-espionnage-chine/ http://owni.fr/2012/10/11/huawei-zte-nsa-cisco-intelligence-renseignement-espionnage-chine/#comments Thu, 11 Oct 2012 06:48:05 +0000 Guillaume Dasquié http://owni.fr/?p=122146 fair play.]]> Festival of lights, Photo CC by Rene Mensen

Festival of lights, Photo CC by Rene Mensen

En début de semaine, le Congrès américain frappait d’ostracisme les filiales américaines des groupes chinois Huawei et ZTE, en convoquant une conférence de presse pour inviter l’industrie américaine à ne plus travailler avec ces entreprises spécialisées dans les infrastructures de télécommunications. Huawei et ZTE équipent des data centers, des fournisseurs d’accès à Internet (FAI) ou vendent des composants de la téléphonie mobile. Des technologies considérées comme autant de menaces potentielles par le Congrès.

À l’appui de cette attaque en règle, un rapport émanant de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants. Dont les membres, depuis plusieurs mois, ne cachent pas tout le mal qu’ils pensent de la présence – encore modeste – de Huawei et ZTE sur le marché américain.

La version finale de leur document de 60 pages – que nous avons lu, ici en PDF – multiplie les affirmations quant à l’opacité de ces deux géants chinois des télécoms et du numérique, à la fois fabricants et prestataires de service. Sans toutefois apporter de preuves matérielles convaincantes.

Une absence regrettable dans la mesure où ces attaques contre Huawei et ZTE interviennent sur fonds de tensions économiques sur le marché des télécoms américains, en raison de la concurrence que ces groupes représentent. Peu après la conférence de presse du Congrès, la direction de Huawei a d’ailleurs répondu en laissant entendre qu’il s’agirait d’un mauvais procès motivé par la course vers de juteuses parts de marché.

Opérations militaires

Sur un plan matériel, le document s’appuie le plus souvent sur des informations déjà publiées dans la presse, même si une note de bas de page mentionne l’existence d’annexes classifiées, portant sur le travail des services américains de renseignement quant à la réalité de ce risque.

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Le rapport a été rédigé par deux élus suivant régulièrement “la communauté du renseignement” et ses enjeux, Dutch Ruppersberger et Mike Rogers.

Alors que ce dernier a fait une partie de sa carrière au FBI, Ruppersberger, pour sa part, passe pour un parlementaire très attentif aux questions de souveraineté nationale. Au Congrès, depuis plusieurs législatures, il représente le second district du Maryland, la circonscription où campe la National Security Agency (NSA), à Fort Meade, ainsi que la plupart des commandements américains impliqués dans les opérations militaires sur les réseaux numériques. En particulier le US Cyber Command. Dans ce second district du Maryland on compte ainsi près de 38 000 personnes travaillant pour l’appareil sécuritaire du gouvernement.

Et plusieurs dizaines de milliers d’autres employées dans des sociétés privées sous-traitantes. Tout un monde qui vit – à tort ou à raison – sur la base d’une économie du soupçon ciblant les acteurs chinois dans des technologies de l’information.

365 Day 256, Photo CC by Collin Harvey

365 Day 256, Photo CC by Collin Harvey

À défaut de preuves irréfutables à l’encontre de ces entreprises chinoises, la démarche des parlementaires américains peut paraître un rien étonnante. En effet, le géant américain Cisco semble entretenir les mêmes ambiguïtés que celles reprochées à Huawei et ZTE – contrats avec les militaires de leur pays d’origine et partenariats avec des agences de renseignement.

Espionnage

Avec des conséquences tout aussi préoccupantes pour le citoyen. Depuis le début des années 2000, à travers le monde, Internet se développe grâce à des routeurs fournis par Cisco ou par les cinq autres sociétés américaines ou franco-américaine (Alcatel-Lucent) qui maîtrisent ces technologies et travaillent parallèlement avec le complexe militaire de leur pays – jusqu’à l’arrivée d’Huawei qui les concurrence.

À ce titre, pour les observateurs américains, les accointances entre Cisco et la NSA sont légions. Selon l’enquêteur James Bamford, auteur de plusieurs livres qui font autorité sur la NSA et les technologies d’espionnage, cette proximité relève de l’essence même de la NSA, au regard de ses missions de surveillance globale des réseaux. Lors d’un entretien avec des journalistes de la chaîne PBS Bamford affirmait :

L’une des choses que la NSA fait c’est de recruter beaucoup de gens venant de l’industrie des télécoms, donc de gens qui connaissent comment Internet fonctionne, qui savent comment certains systèmes à l’intérieur d’Internet sont construits. Par exemple, ils pourraient recruter des gens de Cisco qui construisent divers routeurs, et les intégrer dans la NSA pour ensuite déconstruire le fonctionnement des routeurs.

Les routeurs de la discorde

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Les enjeux financiers provoqués par le gonflement des budgets militaires après le 2001 ont accentué cette dynamique. De nos jours, le groupe Cisco, via un département spécialisé – dénommé Federal Intel Area -, propose des services de surveillance et de traitement du renseignement sur-mesure à l’ensemble des services secrets américains ; comme le montre cette brochure commerciale [pdf]. Une relation qui semble parfaitement assumée ; nous avons retrouvé sur LinkedIn le CV détaillé de l’un des responsables de ce programme actuellement en poste chez Cisco.

Finalement, ces relations entre entrepreneurs du numérique et appareil sécuritaire s’inscrivent dans la tendance naturelle de tous les États à contrôler et surveiller tous les réseaux de communication – depuis le télégraphe jusqu’à Internet. Le 14 août dernier près de Baltimore, lors d’une conférence réunissant des agences du département américain de la Défense impliquées dans le renseignement électronique, Keith Alexander, patron de la NSA, a rappelé cette évidence lors d’une intervention de près de 40 minutes consacrée aux opérations de la NSA dans le cyberespace.

S’exprimant sur quelques détails des missions de son agence sur le numérique, il a évoqué les 18 câbles sous-marins reliant les États-Unis au continent européen et permettant aux connexions Internet de traverser l’Atlantique grâce à de multiples relais technologiques… Et les partenariats avec des pays comme la Grande-Bretagne ou la France permettant de surveiller l’ensemble.

Ces acteurs technologiques étant les clients des appareils sécuritaires de leur pays d’origine, il est difficile des les imaginer ne bâtissant pas ces ponts qui facilitent leur tâche – au nom de l’idée qu’ils se font de leur propre sécurité nationale, et des intérêts qu’ils partagent.


Festival of lights, Photo CC by Rene Mensen | 365 Day 256, Photo CC by Collin Harvey.

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Coup d’oeil sur la dette américaine http://owni.fr/2011/08/01/coup-doeil-sur-la-dette-americaine/ http://owni.fr/2011/08/01/coup-doeil-sur-la-dette-americaine/#comments Mon, 01 Aug 2011 08:59:45 +0000 Alexandre Léchenet http://owni.fr/?p=75194 Aux États-Unis, démocrates et républicains sont arrivés à un compromis de dernière minute sur la dette la nuit dernière. Cette dernière atteignait le plafond légal, faisant craindre un défaut de paiement ou une rétrogradation de la note de la dette américaine par les agences de notation. Le Président français, quant à lui, tente de faire voter une “Règle d’Or” dans la Constitution imposant des limites au déficit. La question de la dette permet de proposer un nombre important de visualisations autour de cette question.

Tout d’abord, pour vous faire une idée, le compteur de la dette tourne toujours sur Internet et à Times Square.

La visualisation la plus impressionnante est sans doute celle proposant de voir ce que représente la dette en billets physiques. On se rend compte que les 1,4 trillions de dollars deviendrait le plus haut gratte-ciels de New-York s’ils étaient constitués de billets de 100 dollars.

Le New York Times propose lui de détailler la dette américaine, pour comprendre sa construction dans le temps. Où l’on voit que la partie la plus importante de la dette a été contractée par Georges W. Bush, avec ses nombreuses lois proposant des réductions des taxes. Une autre permet de voir comment, à cause notamment des guerres en Irak et en Afghanistan, le déficit s’est construit dans le temps.

La Maison-Blanche n’a d’ailleurs pas hésité à reprendre les mêmes chiffres et la même présentation, avec une légère différence de couleur. Histoire de bien montrer que Barack Obama ne fait qu’hériter des dépenses colossales de son prédécesseur. Anthony Hamelle souligne d’ailleurs que ces données, montrant les responsables de la dette, ne montrent pas les fenêtres politiques qui auraient permis de la redresser, par exemple. Les données ne disent que ce que l’on les laisse dire.

En France, la question de la Règle d’Or permet de revenir sur le déficit sans toutefois le mettre en image. LeMonde.fr a proposé par exemple deux graphiques dans la même idée que les états-uniens.

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Billet initialement publié sous le titre “Coup d’oeil sur la dette” sur le Datablog d’OWNI

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Pourquoi les développeurs devraient se présenter au Congrès http://owni.fr/2010/10/08/pourquoi-les-developpeurs-devraient-se-presenter-au-congres/ http://owni.fr/2010/10/08/pourquoi-les-developpeurs-devraient-se-presenter-au-congres/#comments Fri, 08 Oct 2010 06:35:59 +0000 Clay Johnson http://owni.fr/?p=22619 Ce billet a été publié en anglais par Clay Johnson sur son site InfoVegan. Ce développeur américain est très impliqué dans les questions de gouvernement 2.0 et il milite pour l’utilisation de l’open source par le gouvernement fédéral. En 2004, il avait en charge la programmation de la campagne d’Howard Dean, candidat à l’investiture pour les Démocrates.

Ce point de vue a donné lieu à des posts en réaction, à lire pour compléter :
Keep developers out of politics, please par Andrea Di Maio, analyste chez Gartner Research, où il travaille entre autres sur les questions d’e-gouvernement. Son point de vue est très critique ; How developers can win Congress par Luke Fretwell, fondateur de GovFresh, un site sur le gouvernement 2.0.


Notre 111e Congrès comprend deux athlètes professionnels. Il y a également un astronaute, deux animateurs de talk show radio, et un moniteur d’auto-école. On compte également trois menuisiers, un boucher, un contrôleur aux douanes et un capitaine de bateau de rivière. Il comporte aussi un agent du FBI et même un assistant parlementaire à la Chambre des Communes britannique. Bien sûr, selon le service de recherche du Congrès par profil , la plupart des politiciens du 111e Congrès classent juste leur profession dans la catégorie “politique” ou “business”.

Notre Congrès a plus de propriétaires de vignoble que de développeurs. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’ingénieurs. C’est juste que la plupart d’entre eux ressemblent à Pete Olson, qui, c’est vrai, a un diplôme en sciences de l’informatique mais est passé tôt à la politique et serait probablement incapable de distinguer un serveur d’un barman (jeu de mot sur serve, servir, server, terme informatique, et waiter, une personne qui fait le service, ndlr). Scientists and Engineers for America tient une liste des membres du Congrès possédant un diplôme d’ingénieur ou en sciences, et s’ils sont en assez grand nombre, le seul membre que j’ai trouvé qui possède une réelle expérience récente en programmation est Steve Scalise de Louisiane. Selon sa biographie, il était ingénieur système pour une entreprise de technologie de Louisiane avant d’aller au Congrès, et d’après TransparencyData.com cette entreprise était Diamond Data Systems.

Nous avons besoin de plus de développeurs, en particulier de développeurs web, au Congrès. Voilà pourquoi :

D’abord, c’est une profession sous-représentée. Selon le Bureau des statistiques du travail, il y a 1.3 million de programmeurs dans notre pays, (je suspecte aussi que tous les développeurs ne se déclarent pas comme tels). Comparez-le aux 759.200 avocats qui ont réussi à accaparer un peu plus de 40% des sièges du 111e Congrès. Ceci dit, on peut faire valoir que les avocats sont mieux pourvus pour rédiger des lois et les programmeurs pour coder mais je ne suis pas sûr que les pères fondateurs ont établi la Chambre des représentants pour qu’elle fonctionne de cette façon. Je pense que les développeurs pourraient écrire des lois publiques plus rationnelles que les avocats et que les développeurs sont certainement de meilleurs communicants publics que les avocats.

Second point, les problèmes du gouvernement deviennent de plus en plus techniques. Ou les problèmes auxquels nous faisons face sont liés à la technologie sur certains aspects. Par exemple, jetez un coup d’œil à la première loi que ce Congrès a voté : l ‘American Recovery and Reinvestment Act of 2009 n’est pas qu’un projet de loi de plus de 1.000 pages qui est maintenant une loi, c’est aussi une spécification technique pour recovery.gov écrite par des gens qui ne savent pas écrire des spécifications. Et contrairement à un client ou un patron mal informé – si vous ne collez pas aux souhaits du client, vous enfreignez la loi. C’est le rêve de chaque consultant malhonnête d’avoir un client qui voit ce qu’ils vendent comme une forme de mysticisme. S’ils ne savent pas comment l’apprécier, cela signifie que le consultant peut fixer la valeur. Et c’est ce qui se passe. Et cela se passe tout le temps. Une poignée de développeurs pourrait réduire les dépenses et aider leurs pairs du Congrès à affecter l’argent au mieux. Si une revitalisation de la technologie du gouvernement se fait intelligemment et avec sagesse, nous avons besoin de quelques développeurs au Congrès pour ouvrir la voie.

Troisièmement, les grands développeurs sont des redresseurs et des hackers de systèmes. Il n’est pas de système plus mûr pour un élégant hack que la Chambre des représentants des États-Unis. Mettez des développeurs au Congrès, et ils commenceront à exposer les données d’eux mêmes. Ils construiront des systèmes pour arriver à mieux écouter leurs électeurs. Comme Ted Kennedy a fait faire par son staff le premier site du Congrès, un développeur au Congrès cherchera à utiliser la nouvelle technologie de façon à faciliter leur travail. C’est ce que font les hackers.

Quatrième point, les développeurs web emploient d’autres développeurs. Un développeur élu au Congrès qui est un vrai développeur se comportera probablement avec intelligence et prendra un ou deux développeurs dans son équipe. Et comme je disais précédemment, les développeurs sont vraiment importants. Une poignée d’entre eux travaillant au Congrès – avec un membre du Congrès qui est aussi développeur – peut commencer à combler le fossé entre les citoyens et leur gouvernement par des biais nouveaux. Les règles, par exemple, sur les types de technologie que les membres de la Chambre des représentants peuvent utiliser pour parler aux citoyens sont largement gouvernées par le Rules Commitee au sein de la Chambre et géré par Comité de l’administration des affaires intérieures. Aucun développeur qui se respecte laisserait le site de son comité ressembler à ça. Ah si seulement Robert Brady pouvait être remplacé par Adrian Holovaty pendant deux semaines !

Enfin, les développeurs sont de grands communicants numériques. Ils sont très bons pour utiliser le medium afin d’entrer directement en contact avec les gens, d’une manière dont les autres ne sont pas capables. Ils peuvent également construire leurs propres outils pour se connecter avec les gens. Avec un développeur qui comprend la tuyauterie du web à un poste de direction à l’intérieur du Congrès, le Congrès peut commencer à communiquer en ligne avec plus d’efficacité. Et comme ce développeur obtient de plus en plus de succès, le reste du Congrès peut très bien entrer dans la danse.

Paul Graham vient à l’esprit comme l’archétype idéal. Il serait un super membre du Congrès. Il a généralement envie de réussir, il est capable de prendre des décisions difficiles, et possède un esprit rationnel qui a été conditionné (à travers la lecture de centaines d’applications d’investissement chez ycombinator), capable de voir clair dans beaucoup de non-sens -, même le genre que Washington produit. Mais Graham est juste un des 1,3 millions de gens que je considère comme qualifiés pour le travail.

Donc si vous êtes développeur, réfléchissez à une candidature ! Cela paye vraiment bien, le bénéfice à long terme est sans doute aussi important que le lancement une petite start-up et l’impact potentiel sur votre pays est sans comparaison. De plus, vous devrez lever bien moins d’argent que pour votre prochaine brillante start-up. Essayez ! Il y a des chances pour que vous soyez insatisfait de votre représentant actuel. Et même si vous parvenez à jeter celui-ci cette année, vous serez aussi insatisfait avec le suivant, également. Alors pourquoi pas vous ?

Billet initialement publié sur InfoVegan

Image CC Flickr Venn Diagram et slworking2

Téléchargez le poster d’Elliot Lepers (CC)

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