Ce matin, comme bon nombre de mes camarades d’infortunes sis dans une rame RATP fort amène, j’ai lu l’article du confrère Marolle qui emprunte son patronyme à un quartier bruxellois cher à mon coeur.
Ce dernier signalait une initiative du chanteur des Fatals Picards (que j’ai du aller voir en concert à Lille y’a un bail ceci piquant mon coeur de consommateur) désormais nommés les Rois de Suède.
Son initiative consiste à traiter les utilisateurs de Megaupload de voleurs peu ou prou. ou prout.
Je pourrais me lancer dans une vaine et longue diatribe dans laquelle je signalerais:
- que le statut d’intermittent du spectacle… c’est l’impôt des megauploaders français qui le finance
- que la taxe pour copie privée sur mon lecteur à 200 est censé compensé en partie la copie privée
- que je place la musique et la culture beaucoup plus bas dans mon estime que ma copine, mais que ma porte est ouverte pour le sandwich
- que s’il était assis sur un tas d’or, ce ne sont pas mes mots, ben pas moi
- que je suis prêt à payer tout megaupload légal qui n’oublie pas que je suis un consommateur et me fourgue pas des contraintes à deux balle de type 5 écoutes puis va mourir, pas d’interopérabilité de mes plateformes, des pubs pas fermables de trente secondes, des délais de mise à disposition que je ne comprends pas, des catalogues morcelés comme un gruyère pas frais); parce que moi non plus j’aime pas plus que ça Kim Dotcom et je soutiens tant que je peux toute forme de création musicale, qu’elle soit ou non sur un label, qu’elle soit ou non sur une major, qu’elle soit publiée ou initiative individuelle dans une cave….
Mais en fait non…
Je préfère vous faire découvrir un des fleurons de la culture musicale française des années 80 quand internet existait pas.
Mais revisité à ma sauce quoi
(Paroles et Musique: JC Perrey, T.Pastor 1981) que je salue et espère qu’ils ont encore un contrat d’artiste autre que mes modestes promotions.
T’as rien compris
Quand tu dis qu’c'est une félonie
notre « piraterie » : fuck l’industrie
Folie, finie !
Yeaah
On t’as pas tout pris
Pas le requiem que tu dis
(Refrain)
Non notre envie, n’est pas finie
mais …. Folie, finie
Des fois, on veut te rencontrer
Pour voir que t’es en vie
En live à Bourges au printemps,
l’Hiver, été, l’support on s’en fout
MP3, cristal box
Ou TF1 ton juke-box
la taxe pour copie on nous l’a pris
Folie, finie
Yeaah
T’es pas marrant
A te plaindre tout le temps
(Refrain)
t’as vu nos vies ? t’as vu les prix ?
…. Folie, finie
pour toi, on veut bien payer
mais nous pour le prix
matin ou soir, tout tout le temps
l’salaire de Pascal ben nous on s’en fout
Trop tard, pour le baratin
Tu veux tout mais faut changer, amour
Oublie pas nous les consommateurs, tes pleurs
On s’en fout
T’as rien compris, non rien compris
L’attrape-kiki, c’est bien fini
Folie, finie
Yeaah
Quitte tes gants de boxe
Crée nous un vrai juke box
avec le haut débit, fais pas ton surpris
Folie, fini
Yeaah
T’as rien compris, non rien compris
Folie, c’est bien fini
Folie, fini e
Yeaah
T’as rien compris, non rien compris
qu’importe la crèmerie, c’est pas fini
Folie, finie, folie, finie, folie, finie
A l’occasion d’une récente saillie vidéo, l’excellentissime Jérôme Choain évoque, dans une dissertation vidéo dont il a seul le secret, les liens étranges qui uniraient selon lui, une industrie du divertissement en crise et les pouvoirs en place. A l’en croire, les dirigeants des puissances occidentales promptes a degainer Sopa, Pipa, hadopi et autres allitérations en p se rendraient sinon coupables à tous le moins susceptibles de collaboration aux intérêts privés à l’encontre des intérêts publics. Son argumentaire tend à démontrer qu’en formulant des lois promptes à stigmatiser les comportements innovants que sont les sites P2P ou de téléchargement direct, nos élus se soumettraient au dictat de lobbys industriels à l’encontre du souverain bien des nations et de ceux qui les habitent ou y paient régulièrement leurs impôts.
A quelques heures d’intervalle Christophe Barbier, ci devant directeur de la rédaction du magazine ni de droite ni de gauche au-dessus de la mêlée L’express, vitupère contre cette masse informe que sont les Anonymous qu’il qualifie de voleurs, et non les robins des bois qu’ils se prétendent. Bien mal lui en a pris. On ne traite pas une portion non congrue de la population, impunément, de voleurs alors que la population a faim, alors que la classe moyenne veut elle aussi “tout ce qui brille” auquel elle a goûté. Et la bastille de L’Express symbole d’une certaine liberté d’expression balisée par une caste journalistique est tombée sous les attaques en DDOS d’une population anonyme.
Parce que oui, en fait il est une donnée qui semble échapper à messieurs nos politiques, à monsieur le responsable général d’un magazine de presse autant, – mais ceci me semble plus logique- , qu’à monsieur Pascal Nègre devenu icône involontaire en France d’un lobby commercial à coloration culturelle: la classe moyenne n’a plus les moyens de sortir le chéquier systématiquement pour chacun des produits d’appel que l’industrie du divertissement nous propose. Plus les ronds, les radis, les kopecks pour se faire gruger à acheter des DVD de séries créées à la base pour vendre de la poudra à lessiver sur les antennes de télévision, plus l’argent pour acheter des albums qui nous déçoivent ou dont l’écoute n’apporte aucune plus value à l’expérience radiophonique, plus le portefeuille assez large pour se sustenter d’une production parfois de qualité mais toujours pléthorique, en provenance d’un monde que vous avez créé mondialisé, et dont la classe moyenne a structuré une forme de résistance par la débrouille mondiale. Un Do It Yourself qui nous maintient /tenait jusqu’ici dans une béate torpeur.
Du coup, attaquer Anonymous, comme fermer le recours à Megaupload c’est un peu nous retoquer dans notre vision du monde sous acide. Monsieur Barbier, Monsieur Nègre, Messieurs les politiques Sopadopisants vous venez de rappeler à une génération de votant (un peu bêlant certes) que nous ne sommes pas suffisamment riches pour profiter du monde que vous avez fait à votre image. Vous nous avez rappelé que ce monde rose qui nous évite de trop réfléchir à l’état du monde réel, nous n’avions pas, en fait, la classe mastercard pour en profiter joyeusement comme vous autres. Et notre soubresaut de réveil est douloureux. Nous ne supportons pas l’idée de voir d’autres manger de la brioche quand nous sommes cantonnés au pain ordinaire. Nous supportons assez mal nous autres membres inconscients de haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité dans les arts et le divertissement (Haldead?) d’être refoulés à l’entrée d’une boîte de nuit culturelle et technologique où l’on voit danser des beautiful people moins jolis mais plus fortunés que nous.
Et si les Anonymous et autres Tyler Durden (oui j’ai pompé le film avant de l’acheter) étaient un peu notre Fight Club des Jacobins à nous autres, classe moyenne bernée par la bourgeoisie de 1789 soumis désormais à une autre noblesse, mais toujours soumis à un dictat qu’on trouve injuste parce qu’on ne comprend pas pourquoi on nous l’impose. Et si en fermant la salle des menus plaisirs Megaupload vous nous poussiez doucement vers un terrain de Jeu de Paume avec le clic au bout du doigt? Et si les Assemblées constituantes que vous nous proposez sous forme d’offre légale ne nous suffisaient plus? Et si le masque de Guy Fawkes devenait notre cocarde tricolore mondialisée?
Il ne me reste plus qu’à espérer notre 5 et 6 octobre 1789 numérique à nous. Quand les girls in web partiront à l’assaut de vos Versailles des Champs Elysées, des Elysées et de la défense, forçant messieurs nos politiques à se ranger à notre cause, et à ratifier notre Déclaration Universelle des droits de l’homme en ligne et du citoyen connecté avide de cultures numériques….
Et parce que je crois que l’homme nait bon avant que la société ne se plaise à le corrompre, parce que je veux croire que Wikipédia a rendu les peuples plus instruits… Je suis persuadé que cette nouvelle bataille se fera cette fois sans piques ni lanterne.
Selon une étude commanditée au début de la dernière décennie, c’est la population du Japon, qui détient la plus longue espérance de vie au monde. Pour la 17e fois consécutive, selon ce pointage, la population japonaise dépassait les nations de tous les autres pays, en terme de longévité. Une population nippone qui s’élevait en 2010 à plus de 217 millions d’habitants, en léger déclin d’ailleurs, des causes du vieillissement global de sa population et du taux de natalité relativement peu élevé. C’est étonnant.
Plus étonnant encore, en 2006, l’espérance moyenne de vie pour une Japonaise atteint les 84,93 ans, soit une hausse de 0,33 par rapport aux années 2000. En 2009, une autre étude a même constaté que ces dernières ont gagné en un an, entre 2008 et 2009, jusqu’à quatre mois d’espérance de vie. Tomoji Tanabé, un habitant de l’île de Kyushu, a été entre janvier 2007 et le jour de sa mort le 19 juin 2009 l’homme le plus âgé du monde. C’est impressionnant.
Plus impressionnant encore: le cas d’Okinawa, bourgade insulaire située au sud de l’archipel. En 2007 on y dénombrait pas moins de 427 centenaires pour 100 000 habitants dont 85 % de femmes. Il y a là matière à se poser des questions à caractère scientifique.
Et ce sont justement des gars en cache poussière blanc qui s’en posent, eux qui attribuent cette longévité exceptionnelle à la souscription quasi générale des Japonais à la pratique du Hara Hachi Bu. Le Hara Hachi Bu, comme sa sonorité ne l’indique pas forcément, est un mode de nutrition qui promeut les repas frugaux ainsi qu’ à habituer son estomac à envoyer des marqueurs de satiété beaucoup plus précoces. Des repas où le soja transformé et les liquides de type soupes constituent les aliments de base.
Le 12 mars 2011, une première explosion a retenti dans un des réacteurs de la centrale de Fukushima avec des conséquences probables sur la santé des habitants de l’archipel.
Ceci prouve bien une chose: Hara hachi bu ou pas Hara hachi bu, quand c’est le réacteur qui pète, tu bouffes du soja peut-être, mais t’as intérêt à serrer les fesses si tu veux faire de vieux os.
C’était une de ces après-midi pourrie pour le travail et gagnée pour la glande. Gladys et moi avions rendez-vous à Pointe à Pitre, dans une des obscures annexes de l’opérateur métropolitain. Présenter notre produit aux équipes locales. Je me suis perdu, nous sommes arrivés en retard. Le rendez-vous a dû être reporté. Après notre départ de l’île. Tant pis. Nous goûterons aux joies de Skype et au doute de notre capacité à convaincre. Gladys en a profité pour demander aux locaux où on pouvait se repaître d’une plage un peu sauvage, un peu emblématique. Gladys a tombé le chemisier et troqué l’ensemble pour son maillot deux pièces. Elle s’est étalée au soleil. Elle m’a demandé à quelle heure nous nous retrouvions. J’ai dit, je vais me balader un peu, je battrai le rappel. Ah Gladys, Gladys, mon pousse au vice. Je me suis éloigné un peu. Pas trop. Si Gladys me suivait du regard, si elle m’envisageait secrètement, elle me verrait. Elle m’imaginerait. J’ai ouvert la chemise en partant, laissant paraître mon anatomie encore svelte de cadre cinquantenaire. J’ai marché un peu. Les pieds du pantalon retroussés. Ah Gladys. Un photographe, des réflecteurs. Forcément. La plage est superbe et je me doute que tous les catalogues du monde rêveraient de faire acheter un produit ici. Le paradis. Le sable blanc. Et Gladys. Qui me regarde sans doute par-dessus ses lunettes et son chapeau de paille. Soyons fous. Tombons là le pantalon. Gladys. Il ne sera pas dit que je n’irai pas me baigner ici. Pas tous les jours qu’on a des clients à voir à l’autre bout du monde. Pas tous les jours qu’on peut mélanger travail et plaisir. L’eau est chaude. Claire. Transparente. Rien n’existe plus. Adam – Eve. Gladys, Georges. Je tombe le slip. Gladys me regarde-t-elle encore ? Liberté de la nage paradisiaque en plénitude de mon corps. Sous le regard que j’espère concupiscant de mon assistante dévouée. On est pas bien là ? Si ma famille me voyait….
on a 20 ans. On vit. On rêve. On s’éprend.
On a des idées arrêtées sur des concepts partisans.
Des idéaux importants.
On ne transige pas on est exigeants.
On ne précise rien, du reste, impatients.
On verra en grandissant.
On ne décide rien évidemment.
On verra bien en son temps.
On procrastine comme des enfants.
On s’eprend passionnément.
On aime tout et son contraire à 100%.
On est ivres. On fume. On prend.
On arrache. On donne absolument.
Et tout est léger comme le vent.
Rebelles jeunes et Insouciants.
On ne nous coche ni dans une case ni dans un rang.
On écrit des poésies enthousiastes c’est ràfraichissant.
peur de rien. On partira à 27 ans.
On a 36 enfin.
Tout a filé soudain.
Comme un cable, un filin.
lâchés en pleine mer au petit matin.
Bateau sobre qui cabote de loin en loin.
Une ligne rouge dont on s’écarte et puis on y revient.
On survit, la vie on dit on y tient.
Les jours s ‘en vont sans but sans fin.
Là tête appuie lourde sur le traversin.
bien calée pour la chute inévitables de nos rêves enfantins.
De nos cauchemars d’ogres et de lutins.
On est libres, on appaise nos faims.
On souffre on baise on étreint.
Dans nos misères sans fond, du quotidien.
On prévoit. On planifie les vacances, les courses, le plein.
On marmonne on remémore le passé il semble si loin.
On partage on dérouille on morfle on serre les poings.
La morale pour nous mentir, on nie on feint.
Et la bouffe pour le chien.
Et la bouffe pour le chien…
Messieurs les Spéculants
Je vous fais une e-lettre
Qu’on vous twittera peut-être
Si l’veulent les forwardant
Je viens de m’apercevoir
Qu’les politiques austères
Me laissent un goût amer
Au matin du grand soir
Messieurs les Speculants
Je ne veux pas les faire
Je ne suis pas sur terre
Pour épargner tout le temps
C’est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m’en vais me rebeller
Depuis que je suis né
J’ai vu criser deux siècles
Regardé les galères
Et racler de braves parents
Des mères ont tant souffert
Elle partent dedans la tombe
Vous trinquez ça me plombe
Vous vous moquez des faibles
Les simples salariés
Z’avez raboté leur flamme
Z’avez volé leur âme
En désirs et chers payés
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
dont se trace le chemin
Reprendre en main ma vie
Vivrai en décroissance
En toute transparence
Et je dirai aux gens:
Refusez d’obeir
Ne vous laissez pas faire
Par quelques milliardaires
Refusez d’abrutir
S’il faut donner des francs
Allez donner les vôtres
Vous êtes bons apôtres
Monsieur les Spéculants
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer
Combien de disettes,
combien de vaches maigres
Combien d’années passées à espérer
Est on coupable de préférer le rouge tendre
À ces roses un peu fânées?
Combien de courbettes
Comment ne pas se perdre
Peut-on encore ne pas nous agenouiller
Comment fait-on pour ne pas se pendre?
Vert de l’espoir à moitié ravalé
Être là pour qui pour quoi?
Et on persiste, et on combat
Un jour, une nuit un autre mois
Et on s’acharne à ne plus savoir pourquoi.
Combien de labeur?
Combien de soirs de peine?
Peut-on encore essayer de les compter
Comment fait-on pour les clés ne pas rendre?
Quand au bout du compte on a déjà tout tenté
Être là pour qui pour quoi?
Et on persiste, et on combat
Un jour, une nuit un autre mois
Et on s’acharne à ne plus savoir pourquoi.
Article initialement publié dans Bonjour le train
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