janvier 24th, 2012
La minute superflue de M. Emgenius – Aux armes netcitoyens…
Emgenius
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Selon une étude commanditée au début de la dernière décennie, c’est la population du Japon, qui détient la plus longue espérance de vie au monde. Pour la 17e fois consécutive, selon ce pointage, la population japonaise dépassait les nations de tous les autres pays, en terme de longévité. Une population nippone qui s’élevait en 2010 à plus de 217 millions d’habitants, en léger déclin d’ailleurs, des causes du vieillissement global de sa population et du taux de natalité relativement peu élevé. C’est étonnant.
Plus étonnant encore, en 2006, l’espérance moyenne de vie pour une Japonaise atteint les 84,93 ans, soit une hausse de 0,33 par rapport aux années 2000. En 2009, une autre étude a même constaté que ces dernières ont gagné en un an, entre 2008 et 2009, jusqu’à quatre mois d’espérance de vie. Tomoji Tanabé, un habitant de l’île de Kyushu, a été entre janvier 2007 et le jour de sa mort le 19 juin 2009 l’homme le plus âgé du monde. C’est impressionnant.
Plus impressionnant encore: le cas d’Okinawa, bourgade insulaire située au sud de l’archipel. En 2007 on y dénombrait pas moins de 427 centenaires pour 100 000 habitants dont 85 % de femmes. Il y a là matière à se poser des questions à caractère scientifique.
Et ce sont justement des gars en cache poussière blanc qui s’en posent, eux qui attribuent cette longévité exceptionnelle à la souscription quasi générale des Japonais à la pratique du Hara Hachi Bu. Le Hara Hachi Bu, comme sa sonorité ne l’indique pas forcément, est un mode de nutrition qui promeut les repas frugaux ainsi qu’ à habituer son estomac à envoyer des marqueurs de satiété beaucoup plus précoces. Des repas où le soja transformé et les liquides de type soupes constituent les aliments de base.
Le 12 mars 2011, une première explosion a retenti dans un des réacteurs de la centrale de Fukushima avec des conséquences probables sur la santé des habitants de l’archipel.
Ceci prouve bien une chose: Hara hachi bu ou pas Hara hachi bu, quand c’est le réacteur qui pète, tu bouffes du soja peut-être, mais t’as intérêt à serrer les fesses si tu veux faire de vieux os.
Emgenius
C’était une de ces après-midi pourrie pour le travail et gagnée pour la glande. Gladys et moi avions rendez-vous à Pointe à Pitre, dans une des obscures annexes de l’opérateur métropolitain. Présenter notre produit aux équipes locales. Je me suis perdu, nous sommes arrivés en retard. Le rendez-vous a dû être reporté. Après notre départ de l’île. Tant pis. Nous goûterons aux joies de Skype et au doute de notre capacité à convaincre. Gladys en a profité pour demander aux locaux où on pouvait se repaître d’une plage un peu sauvage, un peu emblématique. Gladys a tombé le chemisier et troqué l’ensemble pour son maillot deux pièces. Elle s’est étalée au soleil. Elle m’a demandé à quelle heure nous nous retrouvions. J’ai dit, je vais me balader un peu, je battrai le rappel. Ah Gladys, Gladys, mon pousse au vice. Je me suis éloigné un peu. Pas trop. Si Gladys me suivait du regard, si elle m’envisageait secrètement, elle me verrait. Elle m’imaginerait. J’ai ouvert la chemise en partant, laissant paraître mon anatomie encore svelte de cadre cinquantenaire. J’ai marché un peu. Les pieds du pantalon retroussés. Ah Gladys. Un photographe, des réflecteurs. Forcément. La plage est superbe et je me doute que tous les catalogues du monde rêveraient de faire acheter un produit ici. Le paradis. Le sable blanc. Et Gladys. Qui me regarde sans doute par-dessus ses lunettes et son chapeau de paille. Soyons fous. Tombons là le pantalon. Gladys. Il ne sera pas dit que je n’irai pas me baigner ici. Pas tous les jours qu’on a des clients à voir à l’autre bout du monde. Pas tous les jours qu’on peut mélanger travail et plaisir. L’eau est chaude. Claire. Transparente. Rien n’existe plus. Adam – Eve. Gladys, Georges. Je tombe le slip. Gladys me regarde-t-elle encore ? Liberté de la nage paradisiaque en plénitude de mon corps. Sous le regard que j’espère concupiscant de mon assistante dévouée. On est pas bien là ? Si ma famille me voyait….
Emgenius 
on a 20 ans. On vit. On rêve. On s’éprend.
On a des idées arrêtées sur des concepts partisans.
Des idéaux importants.
On ne transige pas on est exigeants.
On ne précise rien, du reste, impatients.
On verra en grandissant.
On ne décide rien évidemment.
On verra bien en son temps.
On procrastine comme des enfants.
On s’eprend passionnément.
On aime tout et son contraire à 100%.
On est ivres. On fume. On prend.
On arrache. On donne absolument.
Et tout est léger comme le vent.
Rebelles jeunes et Insouciants.
On ne nous coche ni dans une case ni dans un rang.
On écrit des poésies enthousiastes c’est ràfraichissant.
peur de rien. On partira à 27 ans.
On a 36 enfin.
Tout a filé soudain.
Comme un cable, un filin.
lâchés en pleine mer au petit matin.
Bateau sobre qui cabote de loin en loin.
Une ligne rouge dont on s’écarte et puis on y revient.
On survit, la vie on dit on y tient.
Les jours s ‘en vont sans but sans fin.
Là tête appuie lourde sur le traversin.
bien calée pour la chute inévitables de nos rêves enfantins.
De nos cauchemars d’ogres et de lutins.
On est libres, on appaise nos faims.
On souffre on baise on étreint.
Dans nos misères sans fond, du quotidien.
On prévoit. On planifie les vacances, les courses, le plein.
On marmonne on remémore le passé il semble si loin.
On partage on dérouille on morfle on serre les poings.
La morale pour nous mentir, on nie on feint.
Et la bouffe pour le chien.
Et la bouffe pour le chien…
Messieurs les Spéculants
Je vous fais une e-lettre
Qu’on vous twittera peut-être
Si l’veulent les forwardant
Je viens de m’apercevoir
Qu’les politiques austères
Me laissent un goût amer
Au matin du grand soir
Messieurs les Speculants
Je ne veux pas les faire
Je ne suis pas sur terre
Pour épargner tout le temps
C’est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m’en vais me rebeller
Depuis que je suis né
J’ai vu criser deux siècles
Regardé les galères
Et racler de braves parents
Des mères ont tant souffert
Elle partent dedans la tombe
Vous trinquez ça me plombe
Vous vous moquez des faibles
Les simples salariés
Z’avez raboté leur flamme
Z’avez volé leur âme
En désirs et chers payés
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
dont se trace le chemin
Reprendre en main ma vie
Vivrai en décroissance
En toute transparence
Et je dirai aux gens:
Refusez d’obeir
Ne vous laissez pas faire
Par quelques milliardaires
Refusez d’abrutir
S’il faut donner des francs
Allez donner les vôtres
Vous êtes bons apôtres
Monsieur les Spéculants
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer
Combien de disettes,
combien de vaches maigres
Combien d’années passées à espérer
Est on coupable de préférer le rouge tendre
À ces roses un peu fânées?
Combien de courbettes
Comment ne pas se perdre
Peut-on encore ne pas nous agenouiller
Comment fait-on pour ne pas se pendre?
Vert de l’espoir à moitié ravalé
Être là pour qui pour quoi?
Et on persiste, et on combat
Un jour, une nuit un autre mois
Et on s’acharne à ne plus savoir pourquoi.
Combien de labeur?
Combien de soirs de peine?
Peut-on encore essayer de les compter
Comment fait-on pour les clés ne pas rendre?
Quand au bout du compte on a déjà tout tenté
Être là pour qui pour quoi?
Et on persiste, et on combat
Un jour, une nuit un autre mois
Et on s’acharne à ne plus savoir pourquoi.
Article initialement publié dans Bonjour le train
(mardi 11 octobre: un accident de voyageur en mâtinée à Rosny Sous Bois perturbe la ligne Est )
Nous étions beaux nous étions fiers
Le treillis paré pour le désert
Des fils, des amants, des pères
A mille lieues de nos enfants
Par choix par honneur par galère
Nous avions quitté nos rivières
Compte et décompte des cartouchières
Pour débusquer les Talibans.
// Nous sommes pompiers mercenaires.
Extinction des feux aux portes du néant.
En sueur aux marches de l’enfer,
Tapis face au bastion, au repaire
Des hommes des camarades des frères
De front sur l’échiquier des géants
Nous sommes engagés volontaires.
Nous ferons feu aux portes du néant.
Le drapeau et l’affût pour civière
Brève en fin de journal sur france inter
Un nombre, un matricule, un être cher
Et un discours du président.
// Nous sommes pompiers mercenaires.
Nous ferons feu aux portes du néant.
Plus+
La source
Un jour un pote m’a dit : « le blog c’est un peu comme si tout le monde devenait Frédéric Beigbeder. Tu t’affranchis des contraintes de la publication, tu deviens ton propre éditeur. »
Ca m’a vachement parlé. J’étais bourré. J’ai pris un compte sur Vingtsix.fr
Si j’en croyais les bannières de leur site le blog allait me permettre d’enfin dire au monde comment j’étais différent, perspicace, efficace, éloquent, fin. Fort. Et beau aussi un peu…
Ceci est l’histoire de moi.
Ca me semblait un bon début.
Au début en fait, c’était à chier. Après c’était toujours pas terrible. Au bout de quelques semaines, à ne parler que de moi, à moi, j’ai enfin parlé à des gens. Mais c’était vraiment pas terrible.
D’abord il y a eu des gentils Russes qui ont voulu me vendre du viagra. J’ai décliné. Puis des gentils scientifiques colombiens qui voulaient élargir ma péniche. J’ai accepté.
Après avoir testé plusieurs appareils de musculation inavouables, j’ai enfin parlé à des gens que je ne connaissais pas, qui tenaient un blog comme moi, et qui avaient l’air aussi impliqués et passionnants que moi. Mais j’ai jamais trouvé personne qui m’ait jamais trouvé beau et fort. Sauf une unijambiste aveugle une fois, j’ai décliné. Sauf un soir, mais j’ai vraiment pas fait exprès j’étais encore bourré.
Les gens sur les blogs, ils sont experts dans leur domaine, et motivés comme ils disent dans la publicité mais, comme moi, eux aussi ne parlaient que d’eux. Même quand ils parlaient avec moi.
C’était sympathique un moment, mais quand j’en ai eu marre de me rendre compte que les gens dont je lisais le blog étaient aussi des gens dont j’en avais rien n’à branler dans la vraie vie, quand je me suis rendu compte que je passais plus de temps à raconter ma petite vie vaine, parce que je tape à deux doigts sur le clavier… Au bout d’un certain temps j’ai eu l’étrange impression que mon salon était devenu un hall de gare où plein de gens monologuaient avec une oreillette fourrée dans les esgourdes en attendant un train qui n’arriverait jamais. J’avais un tout petit appartement, j’en ai eu un peu marre de partager mon salon avec des inconnus. J’ai pris la décision de cloturer ce service. Enfin c’est 26 qui a tout fermé, mais si j’avais pu tout fermer moi-même je l’aurais sûrement fait aussi.
Et c’est là qu’un américain en t shirt, parce que tous les américains portent des t shirts, a lancé un nouveau service révolutionnaire qui me demandait simplement « qu’est-ce que tu fais en ce moment »
J’ai répondu : « je fais caca et je l’écris en même temps »
Immédiatement y’a deux personnes qui m’ont suivi dans mon délire, et aussi la fameuse Brit.ney Spears ou John du Minnesota un type carré comme une armoire à glace spécialiste du marketing et de la prêche en ligne, parce qu’ils sont super forts les mecs du Minnesota.
Bref… j’ai pris un compte Twitter.
Twitter c’est facile, c’est un truc de fainéant où tu peux taper avec deux doigts, et parler pour ne rien dire. Je me suis créé un super profil de super héros et je me suis lancé dans le monde avec la ferme intention d’en redresser tous les torts. Ou au moins de prendre la place à Pierre Desproges. Bon au début j’ai pas redressé grand-chose mais je me suis trouvé super spirituel, comme un mélange de Jean Yanne et de Coluche. Après, j’ai dessaoulé et me suis juste trouvé pas terrible comme Christophe Alévêque et Michel Leeb.
- Le problème quand tu fais caca en même temps que tu twittes, c’est que tu écris de la merde.
Sur Twitter comme j’étais pas une fille, je n’ai pas mis de photo de mon cou, je n’ai pas mis de photo de moi en contre plongé, je n’ai pas mis de photo de mes dims up ni de mes bas résille, je n’ai pas mis de photo de la moitié de mon visage ni de la moitié de mon décolleté. Je me suis mis tout entier, même que j’ai galéré et j’ai quand même fait en sorte que mon identité secrète soit tellement transparente que mon boulanger me reconnaisse dans la rue. Ouais sauf que mon boulanger il a une vie normale, des horaires de malade et surtout rien à foutre de ma présence numérique. Il m’a jamais filé une seule baguette l’enfoiré.
Sur Twitter, comme je n’étais pas une fille malgré ma poitrine, c’est rien qu’en innondant le réseau de ma prose bien sentie que j’ai réussi malgré la bière à fédérer une communauté de mecs comme moi et que j’ai recensé les Paul, Ringo, George tous consultants pêcheurs dans plein d’états américains. J’ai construit mon audience à coup de textes bien écrits et de haïkus philosophiques bien pensés.
- Bernard Guetta > David Guetta
Au bout d’un certain temps j’ai eu l’étrange impression que mon salon, mes toilettes, mon métro, mon bureau, mes trajets en rue et mon téléphone étaient devenus un hall de gare où plein de gens monologuaient avec une oreillette fourrée dans les esgourdes en attendant un train qui n’arriverait jamais. Mais en 140 caractères. Je me suis persuadé que ça changeait les paramètres du problème.
Sur Twitter tu as des journalistes, des animateurs grecs, des animateurs de communauté, des spécialistes du marouflage, des étudiants journalistes, des stagiaires journalistes à La Montagne puis des animateurs journalistes bricoleurs de la communauté des étudiants grecs amateurs de montagne. Et des fille aussi, avec des moitiés de visage et des bas résille. Sur Twitter tu as des politiques qui font semblant qu’on ne sait pas que c’est leur cabinet qui se charge de leur communication, et des types qui démasquent les types qui font semblant qu’on sait pas que c’est leur cabinet qui se charge de leur communication. Sur Twitter tu peux parler à des stars à qui tu n’as rien à dire, à des inconnus auxquels tu n’as rien à dire, à des boules noires avec un point blanc dedans ou même à Adolf Hitler si t’as envie et y’a jamais personne qui trouve rien à t’objecter. Sur Twitter tu peux annoncer la fin du monde, tu peux annoncer la disparition d’un écrivain, tu peux lancer des débats philosophiques qui restent sans réponse, tu peux lancer des révolutions arabes, tu peux lancer des réflexions sur les peines de mort, tu peux lancer les mêmes infos que tout le monde sur des crashs d’avion, ou lancer ton agenda si tu t’appelles Laurent Ruquier. Mais au final c’est toujours quand tu lance des petites phrases sur les agriculteurs dans une émission de M6, que tu remportes le plus grand succès. Sur Twitter tu peux dire du mal de la Droite, te moquer de la Gauche et critiquer « On n’est pas couché » : c’est toléré. Le président, c’est aussi toléré. Enfoncer des portes ouvertes, c’est conseillé, parce que dans le cas contraire tu te fais défoncer par tous les gens planqués comme toi derrière une page avec des petits oiseaux imprimés. Sur Twitter tu as des chartes que personne ne suit, mais dont tout le monde parle et de l’autocensure dont personne ne parle mais que tout le monde suit.
Mais comme je suis hypégiaphobe, procrastinateur, tricotilotimique et que j’ai la flemme d’écrire des romans de gare, j’ai déroulé mon sac de couchage dans le salon où j’avais fait rentrer plein de gens que j’avais pas la force de pousser à la sortie.
- Twitter c’est un peu comme toute ta vie, en condensé.
Et là je me suis fait super peur, parce que parce que je ne suis même pas bourré, parce que pendant trente secondes, je me suis senti super fier, parce que @Polpot a retwitté, parce que @Dimup a chambré, parce qu’un type déguisé en @Yoda a objecté et que @mesparents ont payé des études super cher pour arriver à un tel niveau d’inanité.
J’ai regardé ma phrase, je me suis regardé, j’ai re-regardé ma phrase, je me suis regardé, j’ai songé à Desproges… Alors comme j’ai eu super honte, mais un éclair de lucidité et puis parce que j’étais pas bourré, j’ai cloturé mon compte, j’ai filé mon iphone à une petite asso qui s’occupe de précarité, on a mis une photo de Coluche dedans parce que ça fait un cadre joli, et comme je sais pas bien chanter pour récolter de l’argent au Zénith, je passe mes nuits dans un hall de gare à servir de la soupe à l’oignon à des gens qui sentent mauvais à force de dormir en galère et dans la rue.
Je passe la moitié de ma vie à écouter des gens très humains me raconter leur vrai parcours ou des histoires carrément sordides, et j’oserais jamais passer la seconde moitié de ma vie à les raconter, sinon je me sentirais mal et ceux à qui je les raconterais aussi. Y’a plus jamais personne qui s’invite dans mon salon et d’ailleurs plus personne m’invite dans le sien parce que ça leur donnerait mauvaise conscience de parler sans jamais rien faire de concret.
Bref… j’étais sur Twitter.
#non rien,
Emgenius
Au hasard des petits liens qu’on reçoit chaque jour sur le web, il y a du bon grain, de l’ivraie aussi parfois. Des occasions de laisser voguer nos réflexions, toujours.
Ainsi mes neurones se sont emballés au milieu du reportage “Les épouvantails” qui essaie de dépassionner le débat quant au journalisme face à la manière de relater les thèses du conspirationnisme du 11 septembre. (Et n’y arrive d’ailleurs pas toujours, à mon humble avis, dans la mesure où l’auteur ne parvient pas toujours à se défaire de sa subjectivité par rapport aux thèses de David Ray Griffin. Mais passons, tel n’est pas l’objet de mon billet. Je n’ai pour les événements du 11/09/2001 qu’un regard horrifié : les tours sont tombées, des gens sont morts. Des pères, des frères, des sauveteurs. Je n’ai ni l’envie ni la capacité de me pencher sur les ressorts de ce terrorisme. Et j’aimerais que toi lecteur tu essaies aussi de dissocier mon post de la source où je l’ai trouvé.) L’auteur est allé à la rencontre de Jean Jacques Jespers, professeur émérite de l’ULB et ex-chef de la rédaction de la RTBF quand j’étais petit (hier quoi). Voici ce qu’y dit Jean-jacques Jespers, que personne n’osera taxer de prosélitisme quelconque ; qui a tilté dans l’esprit de votre serviteur :
Je crois que le journaliste d’aujourd’hui, qu’il soit d’investigation ou non, est un peu comme tout le monde. Il est consommateur de médias d’abord. Il est consommateur de cette espèce de consensus médiatique. Et de tout ce que ce consensus médiatique produit comme image du monde, comme cadrage du monde, comme « framing » (…) Et donc il est victime (…) de ce cadrage. Il se situe, et en plus ses supérieurs hiérarchiques le poussent à se situer par rapport à ce cadrage là. Et bien je pense que la plupart des événements que nous percevons aujourd’hui, et la manière dont nous les percevons, on les perçoit à travers ce cadre, ce cadrage. Et ce cadrage, il est déterminé en grande partie par le marché. C’est-à-dire des sujets qui marchent, c’est-à-dire des sujets dont tout le monde parle, et sur lesquels on va investir. On est dans une situation où le droit de savoir, le droit à l’information, qui est un droit fondamental, reconnu par les textes internationaux, reconnus par tout le monde, est en train de s’effilocher (…) Et donc moi je pense que cette évolution elle est dûe à un changement profond de nature de ce que le journaliste considère comme étant sa place dans la société, son positionnement dans la société, il y a une sorte de prolétarisation, où les journalistes se considèrent comme les éxécutants d’un projet éditorial, ont de moins en moins prise sur ce projet éditorial, et le projet éditorial c’est vendre.
Et puis voilà. Tu repenses. A toutes ces fois où tu t’es rangé à l’opinion des Guignols sur « le commandant Sylvestre », aux gloses sur le maquillage de Martine Aubry en une de Libé, à savoir si tel animateur ne serait pas un peu manipulé par l’Elysée ou tel autre un support des mouvements libertaires. Parce que ça occupe ton temps de cerveau disponible et que ça anime les déjeuners à la cafète.
Tu finis l’écoute de ce petit morceau de reportage et tu te rappelles ça…
etc. (faites une recherche Youtube pour voir…)
Puis tu te demandes si vraiment, vraiment, quelqu’un a un intérêt à aller écouter un grand déballage médiatique ou mieux, qui a réllement intérêt à s’énerver, regarder, compulser, mettre en lignes, mots, images, ce grand déballage. Audience coco, page de pub, follower, visite unique chéri. C’est pas moi c’est l’autre. Personne parmi les médias n’était dans la chambre d’hôtel. Personne hormi les jurés n’ont un avis juridique sur la culpabilité de l’homme ou de la femme portés portés par ce journalisme d’un nouveau genre.
Puis tu te demandes si toi, en tant que public, tu as réellement un quelconque intérêt à te passionner sur le carton de pizza qu’on a monté dans l’appartement et à quelle heure, ou si les questions du débat étaient préparées à l’avance. Qu’est-ce qu’on a appris ? Pour qui, pourquoi ? A quel moment le savoir mondial et la vérité chérie de tous les débusqueurs de news ont été servis ?
Et si le grand mouvement d’indignation collective entamé dans la foule en réaction aux excès de l’économie boursière se mettait aussi en branle dans les plumes et les claviers des médias. Et si l’investigation, le recoupement de sources, l’avis clair et circonstancié devenait une norme, un leitmotive. Si le journalisme (re ?) devenait une recherche de la vérité plutôt qu’une mise en forme du qu’en dira-t-on ?
Ok je rêve, je retourne à mon horoscope. …
Emgenius

En fait non.
L’envie de bloguer est plus forte que jamais.
Blogposts never die.